MUCEM

Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée

Le chantier autour de l’aménagement de la salle Georges Henri Rivière, du Fort Saint-Jean à Marseille

En 2006 les responsables du MuCEM ont pris connaissance du travail photographique entrepris par Oscura en France et à l’étranger. Cette création collective photographique à partir de la technique du sténopé a retenu l’attention par sa dimension participative et sa diversité iconographique, favorisant le dialogue entre les générations et les cultures.

La première étape d’une collaboration entre les auteurs du collectif et le MuCEM s’est ainsi concrétisée autour du chantier des parties hautes du Fort Saint Jean, notamment l’aménagement de la salle G H Rivière.

Les premières impressions ont permis d’élaborer un suivi du chantier transformé en espace photographique ouvert à quelques habitants vivant à proximité et bien sûr aux ouvriers. Plutôt que de traiter systématiquement les étapes par une anatomie des travaux, des sujets singuliers et sensibles furent proposés comme support de la construction de points de vue.

Nous les avons nommé « Chemins d’accès ». Indices de la déambulation, ils marquent l’évolution du site en cristallisant les émotions spatiales et lumineuses. Escaliers ; Esplanades et terrasses ; Seuils et cadres ; Traces et arrachements. Bien que développés à l’intérieur du Fort, ces chemins se prolongeront à l’extérieur, dans les lieux plus intimes et familiers aux participants.

Les 4 chemins ne furent pas exclusifs les uns par rapport aux autres. Ils se sont superposés, enchaînés. Cette porosité a laissé la part aux vagabondages passant du chantier aux parties en friches ou en restauration, jusque dans les présences archéologiques. Entre des portraits qui sont les visages et les corps qui habitent toutes ces mémoires et mutations.

La mise en relation entre l’extraordinaire et l’ordinaire, l’évènementiel du chantier et la pérennité des perceptions fournit le sens du travail participatif des citadins. C’est un chantier d’appropriation de chaque côté de l’enceinte du Fort.

« à suivre » en 2007 et 2008

Avec Jean-Paul, Saïd Mhadjou, Pierre Claude, Taïeb, Jean-Louis Monsieur Zaza, Franck, Zina Tamo, Serge, Zakariae, Nicolas Christophe, Fathia, Lydie, Michaël Anne-Laure, Ousmane, Saliha, Rudy Gaby, Ziné, David, Alim, Yaya, Ali Greta, Gérard, Michelle, Gilles Amor, Hélène, Fatima, Maïthé Frédérique, Rémi, Jean-Marie Alexandre, Bernard, Nassera Jacques, Hassan, Paul, Elise Myriam, Rokia, Nathalie Max, Aurélie, Claudio Habib, Sylvia, Suzett Aïcha, Annie, Zora François, Vincent Alain, Aurore Brahim la Maison pour tous Panier Joliette le DRASSM, le CIERES, le centre social Baussenque

Site du MUCEM : www.mucem.eu

 

Février 2007

Du côté de Marseille, notre travail avec Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée s’ouvre entre le bas et le haut du Fort Saint-Jean. Toute l’équipe administrative et pédagogique nous a aidé à esquisser les contours de ce premier projet orienté par le chantier et l’ouverture de la salle Georges Henri Rivière au printemps. Nous intervenons en suivant 4 « Chemins d’accès ». Chacun d’eux caractérise un point de vue sur le site, l’escalier, le seuil, l’esplanade, la trace. Le laboratoire s’est installé dans la tour du Fanal juchée à l’extrémité nord-ouest du site. Comme au Ulis nous avons bénéficié d’un temps radieux pour réaliser les premières images. Les maçons, les électriciens, les menuisiers et les peintres, sont nos premiers participants aux cotés de Gisèle, Maïthé, Monsieur Max… Avec Nanar et Patrick, ils savent tous qu’arpenter un chantier n’est pas sans risque. Un grand merci à Messieurs Pierrot et Zaza de nous avoir offerts nos deux premiers casques.

Mars 2007

La première phase de notre travail avec Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée entre le bas et le haut du Fort Saint-Jean s’achève. Encore un immense merci à toute l’équipe administrative et pédagogique. Fin mars l’inauguration de la salle Georges Henri Rivière a été illuminée par l’exposition « Trésors du quotidien ». Belle fête durant laquelle nous avons monté un sténopé géant au pied de la tour du Fanal. Les invités sont rentrés dans le phénomène et ont expérimenté la troublante apparition de l’image sur les murs bruts. Pendant ce temps des alpinistes finissaient d’accrocher les dix grands calicots sténopés sur le mur sud du Fort. Voilà les premiers résultats tendus comme des voiles sur le vieux port de Marseille.