PaysAges

PaysAges 2007

Depuis une vingtaine d’années, le paysage fait l’objet de nombreuses études, d’anthologies et de traités ; Depuis les années 70, il constitue le cadre et la matière même du Land Art.

Cette constitution du paysage en tant qu’objet d’investigation marque aussi la photographie et son histoire : dès l’apparition de cette technique, le paysage fut (comme en peinture) un genre majeur, au même titre que le portrait ou la nature morte. Par ailleurs, la photographie paysage est au cœur des missions scientifiques liées à l’étude de son évolution et des grands inventaires photographiques comme ceux des « National Parks » aux USA ou ceux de la DATAR en France.

L’ensemble de ces désirs de paysages, qu’ils soient urbains ou ruraux, appartient à ceux qui les créent, les chercheurs, les artistes, les administrateurs, les conservateurs, les aménageurs… Mais qu’en est-il de ceux qui habitent ces paysages et les vivent au quotidien ?

Cité par Alain Roger dans son court traité du paysage, Martin de la Soudière a mené une investigation en Margeride dont il livre l’analyse suivante :

« Le paysage, c’est l’aspect des lieux, c’est le coup d’œil, c’est une distance que l’on prend par rapport à sa vision quotidienne. Le travail agricole étant le plus souvent incompatible avec cette disponibilité de temps et d’esprit, l’environnement est rarement paysage pour les agriculteurs. En fait, le plus souvent, le terme paysage est pour eux le plus souvent inadéquat…Le registre esthétique semble phagocyté par l’utilitaire, le beau, définit par l’utile…Autre indice, dont tout chercheur de terrain a fait l’expérience/ le quiproquo à propos du sens du mot « beau » lui-même. Moi : « il est beau ce pré ». Le fils Fage : « oui, il donne mille bottes de foin ».

Se mettre à distance « par rapport à sa vision quotidienne », tel est le défi que le projet photographique PaysAges relève avec les habitants, qu’ils soient au repos ou au travail. Toute l’œuvre menée par l’association Oscura illustre cette vision. Le « coup d’œil »sur le paysage est à inventer ; apprendre à inventer est à la portée de tous.

Les Pays

Les PaysAges sont donc à trouver, à construire. Ils ne sont pas orientés par une vision savante ou univoque du paysage ; ils sont touffus, inattendus, familiers, emblématiques, contradictoires. Ils seront réalisés partout, entre les habitants d’une ferme et les élèves d’une petite école, d’un vallon à l’autre, d’un canal à une rivière.

Les Ages

Avec son savoir-faire et un ensemble de valeurs, Oscura engage PaysAges au travers d’une démarche participative et inter générationnelle. S’appuyant sur la pratique d’ateliers photographiques publics, l’œuvre se construit avec les gens d’ici, grands et petits, anciens et nouveaux venus, actifs et retraités, érudits ou candides.